Sarah Iman-Labrogere [Promo 1995] élue Femme Ingénieure 2017 par la CDEFI

Sarah Iman-Labrogere a reçu le Prix de la Femme Ingénieure de l’année lors de la cérémonie de remise des prix Ingénieuse’17 organisée par la CDEFI – Conférence des Directeurs d’Ecoles Françaises d’Ingénieur – qui s’est tenue le 19 mai à la Maison de la RATP, Paris.

Chaque année, la CDEFI attribue le Prix de la Femme Ingénieure à une ingénieure dont le parcours professionnel est un exemple pour les jeunes générations : évolution de carrière, responsabilité, management d’équipe, mobilisation en faveur de l’égalité femmes-hommes.


Une évolution de carrière exemplaire

Souriante, généreuse et déterminée, Sarah Iman-Labrogere offre un bel exemple de réussite au féminin. En plus d’une vie professionnelle riche où elle a acquis des responsabilités croissantes, elle a su conserver une vie personnelle et de famille épanouies.

Le choix de l’Esigetel

Le bac C (maths & physique) en poche, Sarah s’inscrit en classe préparatoire puis intègre l’Esigetel en 1992. Un choix stratégique, puisque le téléphone mobile commence à peine à faire son apparition et que l’Esigetel forme les étudiants en télécommunications et informatique embarquée. Sarah se spécialise en infrastructures réseaux mobiles et décroche un stage de fin d’études dans les infrastructures mobiles pour la police, les ambulances, les pompiers.

Début de carrière en Recherche & Développement

En 1995, elle débute sa carrière chez Nortel Matra Cellular en tant qu’ingénieure logiciels puis y occupe des postes de coordinateur technique et de chef de projet logiciels.

En 2002, elle obtient la responsabilité d’une équipe de recherche et développement logiciels chez Nortel : elle y  gèrera jusqu’à 60 personnes réparties sur 4 pays dont l’Inde et la Chine. « Cette année-là, j’étais en congé maternité quand on m’a appris que mon service allait être complètement démonté. Ma responsable m’a fortement encouragée à postuler pour des postes à responsabilités à un moment où je pensais que je n’avais guère de chance d’être retenue. Mais elle avait raison : je n’avais pas à m’excuser de ma situation » témoigne Sarah.

De la gestion de produits au « business development » et l’avant-vente

En 2007, Sarah oriente sa carrière vers la gestion de produits chez Alcatel-Lucent, c’est-à-dire la définition des produits et du cahier des charges pour l’équipe R&D ainsi que la promotion des produits. « J’ai souhaité orienter ma carrière vers ce type de poste car j’ai réalisé que le contact client m’intéressait particulièrement. On dit qu’il faut s’appuyer sur ses forces !» confie Sarah.

En 2012, elle devient directrice de programme où elle a en charge la gestion d’un budget de 100 millions d’Euros.

En 2015, elle se dirige vers des rôles de gestion du « business development » et avant-vente où elle a en charge la validation de l’ensemble des offres de l’avant-vente chez Nokia en Europe pour le compte Orange, soit un portefeuille de 200 millions d’Euros.

 

Un engagement en faveur de l’égalité femmes – hommes

Tout a commencé le jour de son embauche où elle réalise qu’elle a été embauchée 100 Francs de moins  qu’un camarade de la même promotion. Les explications qu’on lui fournit restent évasives. En réalité, à l’époque, il existait une grille salariale pour les femmes et une autre pour les hommes.

Alors quand l’opportunité se présente en 2002, Sarah s’investit dans un réseau d’employées qui se monte : StrongHer. Depuis elle devient responsable d’une antenne StrongHer sur son site avec 2 autres collègues. L’objectif est de valoriser la place des femmes dans les postes à responsabilités et travailler le plafond de verre.

Les chiffres sont explicites : Sarah se situe au niveau N-4 de son entreprise et les femmes n’y représentent que 18% des responsables. Au-dessus, elles ne sont plus que 7%. Avec StrongHer, elle monte des événements, fait intervenir des conférenciers. Au départ, le réseau était constitué exclusivement de femmes, à présent il y a 20% d’hommes. StrongHer s’est répandu maintenant dans une cinquantaine de pays.

La deuxième chose à laquelle elle croit, c’est l’éducation. Mère de 3 enfants (1 garçon et 2 filles) et parent d’élèves, elle est convaincue que l’éducation des enfants est la clé pour réduire les inégalités femmes-hommes et est aussi un vrai ascenseur social. Alors elle propose et participe à des opérations comme « Collèges@work », en vue de montrer aux élèves que les métiers ne sont pas sexués, que les filles peuvent devenir ingénieures et que ce n’est pas parce qu’on est ingénieure qu’on est « binoclard ». Objectif : casser les stéréotypes associés à l’ingénieur.

Interview exclusive de Sarah Iman-Labrogere

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11/07/2017